AU PAUYS DES MILLE ET UNE VACHES
C'est vers 22 heures vendredi que nous mettons les motos en route. Il ne fait pas froid mais le brouillard qui est déjà present s'accompagne d'un crachin qui pénétre profondément cuirs et barbours. C'est parti pour...40 km nous arretons, mon frére qui conduit, a les doigts gelés par ce sale crachin. Nous laissons les autres continuer seuls. Aprés un chocolat, on repart pour 10 bornes seuls, nous retrouvons le gros de la troupe; ils se réchauffent eux aussi. Nous ferons 10 km encore, puis nous nous arretons car on n'avance plus. "TONTON" a repéré une grange à 30 métres, à travers le brouillard. Elle se voit envahie par un groupe de gards et de motos pour la nuit. Aprés un petit déjeuner rapide mais efficace, nous repartons. Le temps est trés beau. Nous roulerons jusqu'à Meymac sans ennuis
Aprés Aubusson, le pourcentage de rencontres devient trés important. Nous doublons une dizaine de mobylettes en file indienne; 2F.N. type militaire, font le plein d'huile sur le bord de la route. Un scooter attelé nous double à son tour.
Mais ou vont-il? Aux mil'vaches? C'est pas possible toutes ces motos? Eh oui, car cette année, comme l'an passé, la neige et le verglas ne sont pas au rendez-vous. Aprés avoir essayé de rouler sur quelques plaques de neige, nous voilà à Meymac. La ville est pleine de motos, des gars roulent a fond dans les petites rues. Quelques minets sont déja là. Des voitures s'arrétent pour regarder cette foule de motards. Certains sont déja devant un demi, racontant la route. Nous allons au controle ou on retrouve les copains. Remise de tickets, relevé du numéro de la moto, tous les gars qui regardent les arrivants. Tout à fait l'arrivée du tour de France, cycliste! Beaucoup sont déçus: l'organisation, le nombre élevé de motos, tout cela leur rappelle les "Chamois". Je suis un peu de leur avis.
Nous trouvons un coin pour planter la tente, la prairie est trés belle, des tas de bois sont pour le feu de camp. Mais à part les feux isolés, on ne retrouvera pas l'ambiance des Lumas ni la chaleur du Vercingétorix. Beaucoup iront en ville faire la foire dans les cafés, en buvant sec et criant fort. Avec quelques copains, nous allons manger dans un petit restaurant pas cher et sympa. Mais malheureusement, c'est envahi de motards sortis d'on ne sait ou qui crient et insultent le patron des lieux. Car celui-ci ne veut pas baisser les prix du repas. Ceux-ci se plaignent du manque de qualité des plats. Seulement, il viennent de passer quelques heures à manger comme des cochons, à traiter le patron et sa femme comme des chiens. Enfin, il sortent, mais cela est lamentable pour des gens qui se disent motards. Bien des faits de ce genre seront à signaler par des copains du club. Nous mangeons pas trés en forme aprés ce que nous venons de voir. Nous rentrons au camp, des feux isolés brulent, mais peu d'ambiance. Nous nous couchons.
Le lendemain, tout est blanc...de givre. Un temps magnifique nous parmet d'admirer les quelques machines super spéciales: Gnome-rhone, Zundapp et autre René gillet. Les Bitzas sont nombreux: scooters attelés, mobylettes de compétitions, remorque-caravane, Zundapp-panhard. De la plus petite à la plus grosse, des choses trés intéressantes. Nous devons partir malheureusement. Je suis déçu par les mille-vaches, pas pour les organisateurs, qui ont fourni un gros effort, mais par le temps trop clément et surtout par une forte proportion de gars qui viennent aux concentr' faire la foire et repartent avec leur medaille. "J'étais aux mille vaches". J'ai regretté ce manque de chaleur que j'avais connu à Chateau-la-valiére,Vercingétorix, Brugge, Zolder...
C'est dommage: pas tellement pour les purs, mais pour ceux qui n'ont d'autre ambition que de se saouler et de faire les malins. Espérons plus de neige pour 72....et moins de frimeurs.
J.-P. LESCURE
Mensuel n°13 janvier 1972
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